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METEORITES - PASSION

 

           

 

METEORITES BELGES et CHUTES INCERTAINES

 

Westrem-Sint-Denijs
Tourinnes-la-Grosse
Lesves
Hainaut
   
 

 

 

La Belgique compte 3 chutes observées et retrouvées: elle se situe dans la bonne moyenne des pays occidentaux. Outre celles-ci, j'ai complété la liste avec les chutes incertaines et douteuses. Je remercie le Musée des Sciences Naturelles de Belgique de m’avoir permis de consulter leur documentation.


 

"MONS" (30 juin 1186)


Le livre "Histoire de la Ville de Mons" publié en 1725 par G.J. De Boussu renseigne une chute de pierres qui se serait abattue sur cette ville le 30 juin 1186.


"A peine les habitants de cette province, désolée par la guerre faite en 1186 à l'occasion de l'achat de Lembeek par Baudouin,avoient-ils mis tous leurs soins à rétablir une partie de leurs demeures ruinées par les armées, pour se mettre à couvert des injures de l'air, que Dieu les châtia d'une autre verge, par une une grêle de pierres qui tomba le 30 juin dont la plus grosse pesait plus d'une livre et surpassait celle d'un oeuf; cet orage furieux poussé par le vent gâta toute la moisson, foudroya les bâtiments, écrasa les bêtes, déracina les arbres et tua une quantité d'hommes ".


Au vu de cet extrait, il est impossible de savoir s'il s'agit d'une véritable chute de météorites. Peut-être s'agit-il tout simplement de gros grêlons tombés lors d'un orage violent sur Mons et ses environs?



"BRUXELLES" (vers 1500)


Une pierre, tombée vers 1500 dans les environs de Bruxelles, fût conservée par un des comtes de Nassau dans son palais.

Albert Dürer eût l'occasion de la voir et relate le fait dans ses notes de voyage (vers 1520-1521).

Plus tard, CHLADNI, le père de la science moderne des météorites, se rendit à Bruxelles afin d'examiner la pierre. Entretemps, le palais avait été incendié et reconstruit. Quant à la pierre, ni Chladni, ni personne d'autre ne sait ce qu'elle est devenue...



"ANTWERPEN" (1514)



Dans la "Chronique de la Ville d'Anvers", une citation en Néerlandais relate vraisemblablement la chute d'une météorite. Elle décrit remarquablement bien les phénomènes accompagnant l'entrée d'une météorite dans l'atmosphère.

"Dans la même année, en Septembre, le jour de la Sainte-Croix, une boule de feu volant au-dessus des maisons, fût aperçue, aussi gros qu'un tonneau de bière et, derrière, il y avait un long rayon, et une lumière était visible au-dessus des Pays-Bas et les personnes qui se trouvaient, dehors, dans les champs, entendirent un bruit terrible et virent des personnes armées qui semblaient chevaucher dans les airs."


Ici encore, aucune pierre ou fragment n'a été récupéré.

La météorite serait-elle tombée dans la mer du Nord?

Cette possibilité est tout à fait plausible!



"entre BRUXELLES et MALINES"

(1 mars 1564)


Une météorite est-elle tombée entre Bruxelles et Malines

le 1 mars 1564? Un document conservé à la Bibliothèque ducale de Gotha l'atteste.


"Le ciel était d'abord clair; à neuf heures il devint incandescent et répandit un reflet donnant à tout un aspect jaune.

En ce temps apparurent trois hommes, ayant la figure de rois, avec des couronnes sur la tête, qui demeurèrent environ trois quarts d'heure. Après cela ils se réunirent, et restèrent à peu près trois quarts d'heure ensemble, puis disparurent.

Alors tombèrent d'épouvantables pierres du ciel, semblables en forme et en couleur à des billes, parmi lesquelles certaines, fort grandes, pesaient de 5 à 6 livres; il y en avait de plus grandes et de plus petites ".


D'après Chladni, il s'agirait d'une affabulation: "La relation d'une chute,an 1564, entre Malines et Bruxelles, ne parait être qu'une plaisanterie" (Annales de Belgique, tome 3,p.101). Cet écrit ne serait, toujours selon Chladni, qu'une satire contre la crédulité de son temps (Ueber Feuer-Meteore, 1819, p.215).


Pourtant, la description de l'événement est bien décrit et donc plausible.

Ici aussi, nous ne possédons pas assez de témoignages pour prétendre de la véracité de l'événement.



"CHARLEROI" (27 octobre 1634)



Le "Catalogue of Meteorites" de Graham (British Museum) cite une chute douteuse survenu à Charleroi le 27 octobre 1634 à 8h00.

Plusieurs pierres d'un poids total de 4 kg se seraient abattus.


La Ville de Charleroi ne possède aucun document relatant l'événement. De plus, Charleroi n'existait pas à cette époque!

Dans son livre "Ueber Feuer-Meteore", édité en 1819, Chladni fait référence à CHAROLLOIS".

Le nom "CHAROLLOIS" désigne-t-il vraiment "CHARLEROI"?


"SINT-DENIJS-WESTREM"

(7 juin 1855)



Synonymes: Gent, Ghent


Classification: Chondrite à Hypersthène et Bronzite (L6)


L=Faible teneur en métal

6=La météorite a subi une forte altération thermique.

Les chondrules sont difficilement identifiable par rapport à la matrice.



Deux habitants de Sint-Denijs-Westrem furent les témoins de la chute d'une météorite dans un champ le 7 juin 1855 vers 7h45 du soir. Elle s'enfonça de 2 pieds dans le sol à quelques 30 m des témoins. Lorsqu'on la ramassa, la pierre encore chaude émettait une odeur sulfureuse. La pierre pesait 700,5 g.

Quelques jours après la chute, M. Duprez, membre de l'Académie, examina la pierre et en fit cette description:


"La pierre a un aspect fragmentaire. Elle ressemble à une pyramide, ou plus exactement à un toit dont le faîte irait en s'élargissant. La base, qui a un contour hexagonal irrégulier, contraste par sa rugosité avec les surfaces lisses du restant de la pierre. (...)

La disposition des parties érodées, le peu d'épaisseur et l'irrégularité de l'enduit de fusion sur la surface basique, amenèrent von Haidinger à admettre que la pierre se mouvait à peu près dans le sens de la flèche. Dans ces conditions, la base aurait été plus ou moins préservée, pendant que les autres parties étaient fondues et érodées par les remous violents de l'air se précipitant dans le vide formé à l'arrière du mobile."


Cette analyse visuelle décrit de façon remarquable une météorite "orientée". Une météorite "orientée" est celle qui, en traversant l'atmosphère, garde toujours la même position relativement à sa trajectoire.

Dommage que la pierre fut fragmentée par la suite. Les météorites "orientées" sont très belles esthétiquement. En outre, elles sont "didactiques".

Avant de débiter la pierre en plusieurs morceaux, heureusement, un moulage a été réalisé.

D'après le Catalogue de Graham, l'Université de Gent posséderait un fragment de 189 g. Vérification faite, il s'avère que celle-ci en a perdu la trace!



"TOURINNES-LA-GROSSE"

(7 décembre 1863)



Synonymes: Louvain, Tirlemont


Classification: Chondrite à Hypersthène et Bronzite (L6)


Le 7 décembre 1863 vers 11h30 h du matin, une météorite se brisa sur les pavés de la route à Tourinnes-la-Grosse. Un rapport rédigé par l'échevin de la localité relate l'événement dont voici un extrait assez large.


"Un phénomène météorologique extraordinaire, qui a rempli d'effroi les habitants de nos contrées, s'est produit à Tourinnes-la-Grosse, à l'endroit du village appelé le Rond Chêne, sur le grand chemin, à 80 m de ma ferme et à moins de 25 m de plusieurs habitations ouvrières, le lundi 7 du courant du mois de décembre 1863, vers 11 h du matin. Le bruit de quatre détonations successives mit d'abord l'attention publique en éveil; puis à ces premières détonations succède un bruit semblable; un peu moins intense; mais beaucoup plus prolongé, entremelé d'un air ressemblant à une fusillade très vive. Environ 20 secondes après, alors que tout le monde est sorti précipitamment des maisons pour s'entretenir de ce qui vient de se passer se produit un sifflement ressemblant au bruit que produit une fuite de vapeur très précipitée...

(...)

En même temps plusieurs personnes voient très distinctement comme une langue de nuage paraissant avoir 2 m de longueur fondre dans le sens du Nord au Midi et très obliquement et venir voler en éclat sur le pavé, sous les yeux des spectateurs ébahis. Ce phénomène étrange a duré environ une minute et demie. La foule un peu remise de sa stupéfaction se précipite pour contempler de près ce qu'elle a vu tomber, ô surprise! ce sont des morceaux de pierres de différentes grosseurs! et on les voit ramasser jusqu'aux plus petites."


Un autre fragment de la pierre a été ramassé dans un bois de sapins à 1795 m à vol d'oiseau du premier morceau. Ce fragment a sectionné un sapin d'une circonférence de 26 cm à sa base à une hauteur de 2,28 m du sol!

L'explosion de l'aérolithe a du être très violente: "...les détonations et les bruits causés par les capricieux zigzags que le phénomène décrivait plus ou moins obliquement dans l'espace ont été entendus à Tirlemont, à Jodoigne, à Charleroi; etc., et que partout on a été stupéfait".

L'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique en possède un petit fragment (non exposé malheureusement).



"NAMUR" (5 juillet 1868)


Dans le Bulletin de l'Académie Royale de Belgique

(tome 26,1868), Mr Bellynck relate la chute d'une météorite à Namur.


"Pendant la nuit du 5 au 6 juillet un violent orage éclata sur Namur, et, vers 11h45, un globe de feu tomba sur le toit d'une maison (n°8) de la rue Saint-Loup. Ce corps enflammé, qui paraît être un aérolithe, brisa une tuile et la calcina en partie; sa chute coïncida avec un coup de tonnerre, et en même temps, une forte odeur de poudre se répandit et faillit suffoquer la domestique qui fut témoin du phénomène.

Ce météorite se brisa en tombant, mais on n'en retrouva qu'un fragment pesant neuf grammes."


Ce fragment est décrit de la manière suivante:


"Ce petit aérolithe affecte la forme d'un rognon assez irrégulier, mesurant 20,25 et 15 mm de diamètre, et il pouvait peser 10 gr au moment de sa chute... Sa surface inégale, fendillée, d'une couleur olivâtre, est parsemée de points jaunes brillants, mais non cristallin. En supposant qu'il ne soit qu'un fragment détaché d'une masse plus grande, la petite crôute qui le recouvre en entier indique qu'il a été isolément à l'état d'incandescence. La substance assez friable présente à l'intérieur la texture d'un agglomérat de cendres volcaniques, d'un gris très fonçé, où l'on découvre des parcelles cristallines, les unes jaunes, les autres noires, mais sans éclat métallique. Sa densité, prise dans l'eau à 16°, est 3,004 c-à-d peu inférieure à la densité moyenne des aérolithes les mieux connus. Il est très magnétique, et présente des pôles contraires aux extrémités de son plus grand diamètre."







Des essais chimiques ont révélés la présence de nickel, de fer, de chrome et de soufre.

Qu'est devenu le fragment? Nous l'ignorons. D'après la description, il pourrait s'agir d'une pallasite.

Malgré de fortes présomptions qu'il s'agisse bien d'une météorite, les météoriciens sont prudents et préfèrent ne pas classer cette pierre parmi les météorites "officielles", faute de renseignements plus complets.




"LESVES" (13 avril 1896)


Classification: Chondrite à Olivine et Hypersthène (L6)

Le 13 avril 1896, une météorite tomba à Lesves à proximité d'un habitant du village. La chute n'a été aperçue qu'au moment de l'explosion. Aucun phénomène lumineux ne fût perceptible. Ce n'est qu'au bout d'un quart d'heure qu'on retrouva la pierre déjà refroidie.

Pesant environ 2 kgs, de forme plûtot allongée, elle était recouverte d'une croûte noire de fusion.


Il m'a paru intéressant de reprendre un large extrait de la "Note sur une météorite tombée à Lesves" rédigé par Grégoire Fournier.

(Annales de la société géologique de Belgique, tome 23, p. 88)


" Vers 7h30 du matin, par un temps gris et froid, et entre 2 giboulées de grêlons et d'eau, à un moment où il ne pleuvait plus, un bruit ressemblant à un violent roulement de chariots fut entendu à plus de cent mètres de l'endroit où la météorite tomba. Un jeune homme travaillait dans le jardin à environ dix mètres du lieu de la chute. Il comparait le bruit et le sifflement à ceux de plusieurs trains de chemin de fer lancés à toute vapeur. Une femme qui l'avait entendu de plus loin, l'assimilait à celui que ferait une maison qui s'écroulerait et dont toutes les tuiles se briseraient.

On ne vit ni vapeur ni lumière, et l'on ne remarqua pas la chute du projectile. Ce ne fut qu'un quart d'heure après que le jeune ouvrier, rassuré, reprit son travail, et remarqua le trou creusé par l'aérolithe dans un sentier du jardin, à une profondeur de 40 centimètres. Ce trou, absolument net, était creusé un peu obliquement.

La pierre qui en fut retirée, sans qu'on remarquât rien de spécial à sa température, pesait deux kilogrammes.

Elle fut brisée sur un des côtés et les morceaux dispersés. Je fus averti du phénomène quelques jours après, et me rendis de suite à Lesves pour y examiner sommairement la pièce. J'en donne une description extérieure, espérant que des travaux spéciaux nous feront connaître la nature de cette intérressante météorite, que je souhaite voir rester en Belgique et étudier par des savants belges.

La météorite de Lesves a une forme grossièrement ovoïde: le gros bout est très renflé, le petit tronqué, de façon que la pierre peut s'y maintenir en équilibre. Elle mesure 0,137 de longueur, 0,098 de largeur et 0,09 de hauteur, quand on la couche dans le sens de sa plus grande dimension. Elle est à contours arrondis, sauf vers l'extrémité mince, où ils deviennent anguleux, mais à arêtes mousses. Un des côtés est pourvu de dépressions peu profondes. Une couche externe, lisse, avec granulations d'un brun foncé, entoure la météorite: cette couche de fusion n'a pas un millimètre d'épaisseur. Intérieurement, la masse météoritique est formée d'une pâte d'un gris clair, sur le fond duquel on remarque de petits points métalliques d'un blanc d'argent, très brillants et très nombreux: c'est probablement le fer natif nickélifère; des globules gris, de quelques millimètres de diamètre, se détachant facilement de la masse: ce sont les "chondres" bien connus dans les météorites de ce type; de nombreuses petites taches rousses, et enfin, en moins grand nombre, des taches noirâtres ou gris sombre.

Le grain de la roche est friable, poreux, assez fin. En la comparant à la météorite de Tourinnes, dont la roche est fort semblable, bien que d'aspect plus menu, on peut croire que celle de Lesves est une de ces météorites pierreuses, contenant relativement peu de fer (oligosidères) et classées sous le nom de chondrites.

Elle doit contenir, en me référant à cette même comparaison, du péridot, du fer et de l'enstatite. Son poids actuel est de 1360 grammes."


"LESVES" constitue la dernière chute connue à ce jour en Belgique.

L'Institut Royal des Sciences Naturelles possède un beau spécimen de la la météorite. Un moulage est exposé en vitrine dans la "Salle de Minéralogie".

 













AUTRES METEORITES...



"HAINAUT" (26 novembre 1934):

La météorite presque Belge!



Synonymes: Bétréchies, Bettrechies, Lille


Classification: Chondrite à Olivine et Bronzite (type H3-6).

 


H=Haute teneur en métal (High Iron)

3=Chondres "parfaits", non altérés,

6=Chondres très altérés


La présence de 2 types de chondres dans une même météorite est rare.


En consultant le "Catalogue of Meteorites" de Graham, j'ai été surpris de voir cette chute classée parmi les météorites belges. Il s'en est fallu de peu puisque, après avoir traversé la Belgique, elle est tombée à Bettrechies en France à 60 m (!) au-delà de la frontière belge. La météorite est donc française!

Elle fût observée à Liège.


En voici le témoignage:


"Lundi 26 courant (1934), à 8h40, en me promenant sur le quai St-Léonard à Liège, j'ai aperçu sur ma gauche, loin en avant dans le ciel nord, ciel hollandais certainement, un point lumineux qui filait à l'instar des étoiles filantes. En moins de temps qu'il me faut pour le dire, je me rendais compte qu'il s'agissait d'un autre corps? Ce point lumineux se traduisait en une traînée lumineuse qui me paraissait longue de 4 à 5 mètres, en une forme de cône allongé. La queue en pointe et fine sur une certaine longueur gardait la lueur blanchâtre des étoiles: le corps dont la base me semblait large de 40 à 50 cm et qui filait en avant était d'un rouge feu bordé de bleu. L'inclinaison n'était pas très forte... Il me semble, si le point d'atterrissage est aux environs de Maubeuge, que la trajectoire à travers la Belgique serait Turnhout-Maubeuge sans pouvoir préciser bien entendu. Je l'ai vu sur une grande longueur du trajet, ce qui a été parcouru en fort peu de temps, ce qui veut dire qu'il filait très vite et qu'il était très haut encore au moment où je l'ai aperçu ".


M. Lecompte publia un mémoire sur " L'aérolithe du Hainaut" dont voici de larges extraits interessants:


" Le 26 novembre de l'année qui vient de s'écouler, entre 8 heures et 9 heures du soir, la région charbonnière du Hainaut, jusqu'à la frontière française, était mise en émoi par un grondement analogue à celui que produit le tonnerre, mais plus puissant et prolongé. Le phénomène sonore fut particulièrement perçu au Sud de Mons, dans la région frontière, où de nombreux témoins observèrent, en même temps, le passage rapide, dans le ciel, d'un corps lumineux, éclairant les campagnes d'une lueur fantastique, et qui semblait vouloir tomber à peu de distance. Les informations du lendemain signalèrent la chute d'un aérolithe à Goegnies-Chaussée (France), dans un champ de la ferme Monbanson. Un domestique de l'exploitation, en hersan, le matin du 27, un champ labouré la veille, avait remarqué un trou anormal qui avait, de prime abord, intrigué, mais qu'il avait fait disparaître avec sa herse, sans en rechercher autrement la cause. Ce n'est qu'en apprenant, par la suite, la chute d'un aérolithe qui, aux dires des douaniers de service à proximité de la ferme, devait avoir lieu à très peu de distance, qu'il songea à mettre une relation entre son observation et le phénomène. La nouvelle, rapidement colportée, fit arriver sur place des journalistes et quelques géologues qui ne purent que recueillir le récit assez vague du domestique de la ferme et borner leurs observations à une petite portion du champ, indiquée comme lieu approximatif de la chute mais ne montrant aucune trace de celle-ci. Je fis, dans les jours suivants, toute une série de recherches et de nombreux petits sondages qui demeurèrent infructueux.

Dans l'entretemps, des informations nouvelles annonçaient que l'aérolithe, aperçu le soir du 26 novembre, était tombé à Bettrechies (France) près de Bavay, où il avait été retrouvé mais presque aussitôt enlevé par un amateur trop empressé, resté malheureusement inconnu. Divers témoins, notamment les douaniers de service entre Saint-Vaast-la-Vallée et La Flamengrie, avaient assisté, à peu de distance, à la chute, qui s'accompagna d'une violente explosion.

(...)

Le bolide est tombé aux confins des trois communes de Roisin (Belgique), de La Flamengrie et de Bettrechies (France), sur le territoire de cette dernière, à 60 mètres environ à l'Est de la frontière, dans la prairie d'un petit cultivateur de l'endroit. Au moment où je me suis rendu sur les lieux on voyait encore, à l'endroit de la chute, un entonnoir de 60 centimètres de profondeur environ et de 80 centimètres de diamètre, dont la forme primitive avait été un peu modifiée par les coups des premiers observateurs.

Aux dires de M. Sausset, le propriétaire du terrain, l'entonnoir était absolument droit et la terre avait été refoulée latéralement sans bourrelet apparent et sans rejets sur les bords. C'est au fond de cet entonnoir qu'il observa, le lendemain du phénomène, à la nuit tombante, une masse noire dont il évalue le diamètre à 25 centimètres. Prenant celle-ci pour un obus et n'osant y toucher, il partit en informer la gendarmerie, mais, au préalable, il narra la nouvelle à la ronde. Lorsque les gendarmes arrivèrent sur les lieux le bolide avait disparu.


L'aérolithe de Bettrechies est-il le seul qui soit tombé le 26 novembre et sa découverte élimine-t-elle la prétendue chute de Goegnies-Chaussée? Ou bien le bolide s'est-il fragmenté avant de tomber? Les éléments que j'ai pu recueillir ne me permettent pas de conclure.

Bettrechies et Goegnies-Chaussée sont séparés par une distance d'une quinzaine de kilomètres. Rien ne s'oppose à ce que des fragments soient tombés à ces deux endroits et peut-être à d'autres encore.

(...)

Le résultat négatif des sondages effectués à Goegnies-Chaussée ne prouve rien. Dans les conditions où ils étaient effectués, autant valait, en effet, chercher une aiguille dans une meule de foin. Toutefois, la seule observation, sur laquelle était basée la chute à cet endroit, me paraît bien fragile.

(...)

A mon avis, l'aérolithe aperçu si nettement à cet endroit est celui de Bettrechies."


Pesant probablement entre 15 à 20 kg, seulement 9 kg ont été retrouvé. L'Institut Royal des Sciences Naturelles possède 922 g de cette chute.

Vincent Jacques, collectionneur, en possède également un très beau fragment.



BELGICA:

Les "petites cousines" des METEORITES BELGES


( 72°35'S 31°15'E )


Bien que n'ayant rien à voir avec les météorites belges, je ne puis m'empêcher de citer quelques météorites provenant de l'Antarctique. Certaines de celles-ci, tombées dans la région appelée MONTS BELGICA, ont été récoltées par une équipe de scientifiques Japonais durant la saison 1979/80.

Les "MONTS BELGICA" sont une chaîne de montagnes découverte par l'Expédition Antarctique Belge 1957-1958, sous le commandement de Gaston de Gerlache, et baptisée par lui en souvenir du navire "Belgica", commandé par son père Adrien de Gerlache, chef de l'Expédition Antarctique Belge 1897-1899.


Les météorites de l'Antarctique reçoivent toutes un matricule dont la ou les premières lettres sont une abréviation du lieu de leur découverte.


Exemple: "B7904"

B ---> BELGICA

79 ---> année de la saison de l'expédition (ici, saison 79/80)

04 ---> il s'agit de la 4ème météorite récoltée durant cette saison


BELGICA 7901


Chondrite ordinaire de 3,5 g.


BELGICA 7903


Chondrite ordinaire de 185 g.


BELGICA 7904


Pierre presque complète de 1234 g. Parmi les 5 météorites récoltées dans ces montagnes à ce jour, BELGICA 7904 est une chondrite carbonée d'un type rare (CM2).

Les chondrites carbonées sont contemporaines de la naissance du Soleil et certaines inclusions sont plus âgées que le Soleil lui-même!